Le retour aux fondamentaux
Les conférences d’Histoire de l’art de cette année seront consacrées à quelques peintres français du XIXe siècle. Bien évidemment le sujet de la peinture contemporaine n’était pas épuisé ; la peinture ne s’arrête pas à Nicolas de Staël ni à personne d’autre ; comme toute l’expression artistique, comme la vie même, elle ne s’arrête jamais
Alors pourquoi ? D’abord, retour en arrière ne veut pas dire retour vers un passé dont on aurait la nostalgie. Il n’y a pas de progrès en Art, mais une circulation incessante ; à vrai dire, le passé n’existe pas, le présent est assez fort pour englober ce qui précède. Nicolas de Staël, entre autres (que l’on pense aussi à Picasso) est bien l’exemple d’un peintre qui interroge sans cesse le passé pour avancer dans son œuvre. Tous les artistes, tous les créateurs sont nos contemporains. Et il pourra être intéressant de réviser nos classiques d’autant que cela nous donnera à nouveau l’occasion de côtoyer Carzou (à propos de la Révolution Française, de Gros, de Millet…)
D’autre part, poursuivre plus avant dans le programme des conférences, comme il avait d’abord été envisagé (avec Bacon, Freud, Baselitz, Kieffer, Barcelo, Tapies, Twombly, Garouste, etc..) posait de gros problèmes d’accès à des documents fort nombreux mais très dispersés ; d’où très prosaïquement mais très impérativement aussi un problème de temps et d’argent.. Eh oui !
Alors, huit ans après, David et ses élèves, ses suiveurs et ses détracteurs sont de retour à la Fondation. Un peu relookés tout de même. Tant il est vrai que le Passé, même s’il n’existe pas, n’est plus ce qu’il était !
Raymond Tétart, Vice-Président de la Fondation et conférencier en Histoire de l'Art.
CONFÉRENCE D’HISTOIRE DE L’ART : Nicolas de STAËL.
Le JEUDI 13 OCTOBRE 2011 à 20 h dans la chapelle de la Fondation Carzou.
« La peinture seule reste en pleine aventure » écrit Nicolas de STAËL. La peinture est aussi l’aventure de sa vie, tendue comme un arc, brève (1914-1945), fulgurante, proposant un autre parcours entre abstraction et figuration, dans une recherche inusable et fragile. « La peinture de Nicolas de STAËL a instauré un jour plus clair » écrivait son ami Jorge Semprun.
Entrée libre
CONFÉRENCE D’HISTOIRE DE L’ART : Jacques–Louis DAVID (1748 – 1825) : un peintre révolutionnaire ?
Le JEUDI 10 NOVEMBRE 2011 à 20 h dans la chapelle de la Fondation Carzou.
Sur David, les clichés abondent, les négatifs surtout, si l’on peut dire : froid, abstrait, sans âme, ennuyeux, opportuniste, c’est le peintre « néo-classique » par excellence. Mais Delacroix, à qui tout semble l’opposer, écrit en 1860 « David est un composé singulier de réalisme et d’idéal… Il fut le père de toute l’école moderne en peinture et en sculpture… Il est manifeste que tout dérive encore de lui et de ses principes » Alors il faut revoir David et l’aimer, peut-être.
Entrée libre
CONFÉRENCE D’HISTOIRE DE L’ART : Les 3G : Louis GIRODET (1767-1824) – Antoine GROS (1771-1835) – Théodore GERICAULT (1791-1824) : de nouvelles sensibilités.
Le JEUDI 8 DÉCEMBRE 2011 à 20 h dans la chapelle de la Fondation Carzou.
Les deux premiers sont des élèves de David, le troisième était trop jeune pour l’être. Ils partagent cependant une même déférence envers le maître mais sentent que quelque chose est en train de changer. Cela donnera ce qu’on appelle un peu commodément le Romantisme.
Entrée libre
CONFÉRENCE D’HISTOIRE DE L’ART : Eugène DELACROIX (1798-1863), « lac hanté des mauvais anges » (Baudelaire).
Le JEUDI 12 JANVIER 2012 à 20 h dans la chapelle de la Fondation Carzou.
Placé, malgré lui, à la tête de « l’école romantique », il vénère la tradition (celle des coloristes, de Titien à Rubens), aborde tous les sujets et, profondément marqué par son voyage au Maroc de 1832, en arrive peu à peu à la division de la touche et à une plénitude d’expression qui influencera toutes les générations suivantes.
Entrée libre
CONFÉRENCE D’HISTOIRE DE L’ART : Jean-Dominique INGRES ( 1780-1867) : le faux réactionnaire.
Le JEUDI 9 FÉVRIER 2012 à 20 h dans la chapelle de la Fondation Carzou.
Présenté trop rapidement comme l’adversaire de Delacroix, cet autre élève de David ( et l’un de ses préférés) passe aussi pour être le bastion de l’académisme et le champion de « l’école du calque ». Mais on a découvert depuis longtemps que sous des dehors très M.Prudhomme (ne dit-on pas aussi M.Ingres comme on dit M.Thiers ?) l’auteur des Odalisques et des Baigneuses était un peintre audacieux et un authentique précurseur du XXe siècle. Picasso ne dira pas le contraire : ses « demoiselles d’Avignon » sortent du « bain turc ».
Entrée libre
CONFÉRENCE D’HISTOIRE DE L’ART : Les peintres orientalistes français : des colonialistes par l’image ?
Le JEUDI 15 MARS 2012 à 20 h dans la chapelle de la Fondation Carzou.
La campagne d’Egypte, la conquête de l’Algérie, les progrès de la navigation vont faire découvrir aux Occidentaux un Orient vaste et vague, très mal défini géographiquement. Les peintres s’en emparent ; le sujet est à la mode. Pour certains, le défi posé par la couleur et la lumière interroge leur manière même de faire (Delacroix, déjà cité) ; pour d’autres c’est la découverte d’un monde étrange dont ils s’efforcent de rendre compte ; pour d’autres encore, c’est un moyen hypocrite et lucratif de satisfaire la libido encombrée de l’Occidental monogame (et fortuné !) Au total, des œuvres fort différentes avec un point commun : l’ignorance des cultures « orientales ».
Entrée libre
CONFÉRENCE D’HISTOIRE DE L’ART : Gustave COURBET (1819-1877) : le goût des choses (B.Foucart).
Le JEUDI 12 AVRIL 2012 à 20 h dans la chapelle de la Fondation Carzou.
Encombré par l’étiquette de peintre réaliste (qu’il avait lui-même un moment revendiquée), agaçant par ses provocations et sa vanité puérile, récupéré par Proudhon (avec l’accord de l’artiste) comme « peintre socialiste », engagé résolument dans la Commune de Paris, Courbet dut endurer l’exil et des attaques virulentes, de son vivant et bien après sa mort. Il faut – sans négliger son engagement politique – redécouvrir un grand peintre qui,tournant le dos à toutes les convenances et à toutes les habitudes, a déblayé le terrain pour ceux qui viendront après. Dans les années 1860, Courbet peint sur les côtes normandes en compagnie du jeune Monet.
Entrée libre
CONFÉRENCE D’HISTOIRE DE L’ART : Jean-François MILLET (1814-1875) : un autre réalisme.
Le JEUDI 10 MAI 2012 à 20 h dans la chapelle de la Fondation Carzou.
Ecrasé par le succès de « l’Angelus » – que Carzou reprend dans la chapelle – Millet est catalogué comme le peintre d’un monde paysan en train de disparaître dans la Révolution Industrielle. Au milieu du siècle, on l’avait rangé parmi les peintres révolutionnaires annonçant de nouvelles jacqueries. Cependant, Millet se méfie de Courbet et de ses amis « Je repousse de toutes mes forces le côté démoc » déclare-t-il en 1867. Modèle de Van Gogh, Millet nous montre un monde vigoureux et noble, qui dépasse l’anecdote et rejoint sa « première inclination pour les maîtres primitifs, pour ces sujets simples comme l’enfance ces expressions inconscientes, à ces êtres qui ne disent rien mais se sentent surchargés de la vie ».
Entrée libre
CONFÉRENCE D’HISTOIRE DE L’ART : Edouard MANET ( 1832-1883) : « La peinture, c’est une affaire d’intelligence. On le voit chez Manet » (Picasso).
Le JEUDI 7 JUIN 2012 à 20 h dans la chapelle de la Fondation Carzou.
Inventeur du Moderne. C’était le titre de la récente exposition d’Orsay. Artiste scandaleux bien malgré lui, il est l’ami de Baudelaire qui, curieusement, ne reconnaît pas en lui « le peintre de la vie moderne » qu’il appelle de ses vœux. Et pourtant… « unique, érotique et politique, très autobiographique, tourné en permanence vers l’espace public, Manet fut révolutionnaire sans doute, prêt à en découdre avec le jury et le public pour imposer le moderne dans le grand art ».
Entrée libre